Un chiffre sec, sans appel : en France, 60 % des motards pratiquent l’interfile, alors même que la loi peine encore à leur donner un cadre clair. Depuis le 1er août 2021, la circulation inter-files à moto ne bénéficie plus d’aucune dérogation nationale, malgré plusieurs phases d’expérimentation dans onze départements français. Pourtant, la pratique demeure fréquente sur les axes encombrés, créant un écart notable entre la réglementation et les habitudes des conducteurs.
En 2025, le cadre légal évolue à nouveau, promettant de clarifier les droits et obligations des motards. Cette actualisation vise à réduire les accidents liés à l’interfile, tout en harmonisant les comportements des différents usagers de la route.
Où en est la circulation interfile en France en 2025 ?
En 2025, la circulation inter-files à moto s’inscrit dans un nouvel encadrement. Après la fin de la période d’expérimentation en 2021, l’interfile oscillait entre tolérance locale et incertitude légale, selon les axes et l’interprétation du code de la route. Les motards attendaient que la situation soit tranchée. C’est désormais chose faite.
Cette année, plusieurs départements volontaires appliquent la pratique encadrée. Les axes concernés ne laissent pas place à l’improvisation : voies rapides urbaines et autoroutes, là où la densité et les ralentissements imposent de fluidifier le trafic. Ailleurs, sur routes sans séparation centrale, l’interfile reste formellement interdite. Les conditions sont posées noir sur blanc : seuls les deux files les plus à gauche sont concernées, la vitesse doit rester dans une fourchette stricte par rapport au flot, et tout écart sauvage se paie cher en sanctions. L’application de ces règles ne laisse guère de marges de manœuvre.
Les données publiées par l’observatoire national de la sécurité routière montrent l’ampleur du phénomène : la circulation interfiles est ancrée dans le quotidien des deux-roues urbains. Dans les départements pilotes, les retours d’expérience témoignent d’une adaptation progressive de tous les usagers. Le travail de sensibilisation se poursuit, car s’improviser motard interfile ne s’improvise pas.
Les pratiques changent selon les territoires. Paris et l’Île-de-France restent en pointe, tandis que d’autres départements déploient le dispositif avec mesure. Dans tous les cas, la prudence reste la meilleure alliée, car la réalité du terrain impose de composer avec des règles parfois neuves, parfois familières, mais toujours à respecter.
Ce que changent les nouvelles règles pour les motards
Le nouveau cadre pour l’interfile vient bousculer les repères, aussi bien pour les motards chevronnés que pour les débutants. Désormais, seuls les conducteurs de motos et scooters sont autorisés à circuler entre les deux files les plus à gauche, à condition d’emprunter des axes séparés par un terre-plein central. Fini les passages risqués sur le périphérique ou les nationales dépourvues de séparation.
Le plafond de vitesse maximale reste un point de vigilance. La règle impose un différentiel modéré avec le trafic, rarement au-delà de 50 km/h lorsque le flot se traîne ou stagne. Tout dépassement expose à une amende forfaitaire de 135 euros, voire à un retrait de points. Ce nouveau cadre met fin à une zone grise qui alimentait les litiges sur le terrain.
Les opérations de contrôle se multiplient, notamment dans les départements pilotes. Les autorités examinent le respect des files, de la vitesse, et la bonne entente avec les autres usagers. La cohabitation évolue : motards et automobilistes doivent apprendre à anticiper, à signaler clairement leurs intentions, à garder la juste distance. Les habitudes changent, la réglementation s’impose peu à peu.
En somme, la pratique interfile gagne en légitimité, mais aussi en responsabilités. Ce n’est plus une tolérance tacite, mais une possibilité conditionnée à des règles précises, qui s’intègrent désormais dans le code de la route.
Questions fréquentes : droits, devoirs et zones d’ombre
Droits et restrictions : ce que dit le code de la route
Voici les points à retenir pour comprendre qui peut pratiquer l’interfile et dans quelles conditions :
- La circulation interfile s’adresse uniquement aux deux-roues motorisés, sur des routes à au moins deux voies dans le même sens, séparées par un terre-plein central.
- La pratique reste interdite en dehors des départements pilotes. La généralisation n’est pas encore actée à l’échelle nationale.
- Seules les deux files les plus à gauche sont concernées. Interdiction de remonter entre d’autres files ou sur la bande d’arrêt d’urgence.
Responsabilité et sécurité : motards et automobilistes sous surveillance
La sécurité occupe le devant de la scène. Les motards doivent ajuster leur vitesse, rester attentifs à leur environnement. Côté automobilistes, pas question de changer de file sans vérifier soigneusement leurs rétroviseurs et clignotants. L’équilibre repose sur la vigilance de tous et le respect des règles de circulation.
Assureurs et responsabilités en cas d’accident
Pour les assureurs, chaque dossier d’accident interfile s’étudie au cas par cas. Si un motard percute une portière ouverte en remontée de file, la faute peut être partagée selon les éléments. La jurisprudence avance lentement, et l’appréciation des responsabilités varie d’un cas à l’autre, entre textes officiels et réalité de l’accident.
Zones d’ombre et attentes
Les usagers de la route se posent encore des questions : qu’en est-il des rocades, des axes périurbains, des voies rapides hors cadre expérimental ? Le flou persiste pour ces situations. L’interfile demeure en phase de test encadré, et la discussion reste ouverte sur la sécurité, les droits et les ajustements à venir.
Adopter les bons réflexes pour une interfile plus sûre et mieux partagée
Faire de la sécurité interfile moto une réalité, cela exige de l’expérience, une attention constante et des réflexes affûtés. Dans les ralentissements, les motards le savent : mieux vaut anticiper que brusquer le passage. Garder une distance de sécurité avec les voitures, même quand l’espace manque, reste une règle d’or. Un œil sur les clignotants, l’autre sur les mouvements hésitants, c’est la vigilance qui fait la différence.
La formation moto n’est pas un luxe : elle s’impose comme un passage obligé pour maîtriser les trajectoires et gérer la circulation en interfile. Les auto-écoles, à Paris et ailleurs, insistent sur ces apprentissages. Prendre l’habitude de signaler, d’utiliser le clignotant, d’avertir d’un appel de phare sans agressivité : chaque geste compte, pour soi et pour les autres. C’est ainsi que la sécurité routière progresse, et que la circulation s’apaise.
Pour circuler en interfile dans de bonnes conditions, quelques conseils s’imposent :
- Adoptez une vitesse modérée : l’écart avec le flot des voitures ne doit pas dépasser 30 km/h.
- Gardez un œil sur les angles morts, particulièrement lors des changements de file.
- Si une situation vous semble incertaine, attendez le bon moment plutôt que de forcer le passage.
Les automobilistes, eux aussi, doivent prendre leur part : surveiller leurs rétroviseurs avant de changer de file, respecter l’espace entre les véhicules, accepter la présence des deux-roues dans la circulation. Le partage de la route se construit sur l’attention, le respect et une pratique régulée, nourrie par l’apprentissage et contrôlée sur le terrain.
La route française, en 2025, ressemble à un vaste chantier d’adaptation. Motards comme automobilistes négocient, ajustent, apprennent. Et si demain, l’interfile devenait le symbole d’une cohabitation apaisée, où chacun trouve enfin sa place ?


