Le 1er janvier 2025 ne marquera pas la disparition des diesels Euro 6 des routes françaises, du moins pas dans la plupart des grandes agglomérations. La liste des véhicules interdits d’accès aux Zones à Faibles Émissions (ZFE) ne les vise pas pour l’instant, même si, en coulisse, certaines collectivités affûtent déjà leurs propres restrictions, parfois plus sévères que le calendrier national ne l’impose.
Le décret du 16 septembre 2020 cible uniquement les voitures portant la vignette Crit’Air 3 ou inférieure à cette échéance. Pourtant, la réalité du terrain réserve des surprises : plusieurs métropoles ont décidé d’aller plus loin, modifiant les règles du jeu pour des milliers d’automobilistes.
Pourquoi les véhicules diesel Euro 6 sont-ils ciblés par la réglementation ?
Sur le papier, la norme Euro 6 a permis de franchir un cap dans la réduction des émissions polluantes des voitures diesel. Pourtant, la France et une partie de l’Europe dénoncent un écart trop important entre les valeurs d’homologation et les émissions réelles sur la route. L’affaire du dieselgate a laissé des traces : le doute plane sur l’ensemble du parc thermique, y compris sur les diesels Euro 6.
Les particules fines et les oxydes d’azote (NOx) persistent dans l’air des villes, alimentant la méfiance. La loi climat et résilience, adoptée par le Parlement français, s’inscrit dans la continuité des directives européennes en prévoyant l’exclusion progressive des véhicules polluants des centres urbains. Le diesel, autrefois plébiscité, doit aujourd’hui composer avec une surveillance accrue.
La pression s’exerce aussi du côté européen. Bruxelles invite les États membres à accélérer la transition vers l’électrique et à réduire la place des véhicules thermiques. Le Parlement européen a fixé la barre haute pour la baisse des émissions de CO₂, forçant industriels et collectivités à revoir leur copie.
En 2023, la part de marché des diesels neufs s’est effondrée : les acheteurs anticipent le virage réglementaire. Entre santé publique et pouvoir d’achat, le débat reste vif, tant chez les professionnels que chez les particuliers. Pour le diesel, l’étau se resserre, et les années à venir seront décisives.
Zones à faibles émissions : fonctionnement, villes concernées et calendrier 2025
Depuis 2015, les zones à faibles émissions (ZFE) sont devenues un levier central pour améliorer la qualité de l’air. Leur principe est simple : restreindre l’accès des véhicules jugés trop polluants, grâce au système de vignettes Crit’Air. Chaque véhicule reçoit une classe Crit’Air selon ses émissions : plus le chiffre est élevé, plus le véhicule est récent et sobre. À l’inverse, une vignette Crit’Air 1 distingue les modèles les plus propres ou hybrides.
Plusieurs grandes villes ont pris les devants. Paris, Lyon, Grenoble ou Strasbourg appliquent depuis longtemps des restrictions sévères. La métropole du Grand Paris cible principalement les diesels Crit’Air 4 et 5. Marseille, Rouen, Montpellier, Toulouse ou Toulon ont elles aussi décliné le dispositif, avec des calendriers progressifs et des périmètres qui varient selon les enjeux locaux.
Pour l’année 2025, la feuille de route est claire : toutes les métropoles de plus de 150 000 habitants doivent mettre en place une ZFE avant la fin 2024, conformément à la loi climat et résilience. Le durcissement des restrictions sera graduel : la vignette Crit’Air 2, qui concerne la plupart des diesels Euro 6, ne sera pas immédiatement visée. Les premières à être exclues sont les Crit’Air 3, 4, 5 et les véhicules non classés.
Fonctionnement concret de la ZFE
Voici comment s’appliquent les ZFE dans les agglomérations :
- Un périmètre urbain est défini, avec accès conditionné à la vignette Crit’Air
- Des panneaux signalent l’entrée de la zone ; des caméras LAPI automatisent les contrôles
- En cas d’infraction, l’amende forfaitaire peut grimper jusqu’à 135 €
L’application de ces mesures dépend toutefois du contexte politique local, de la mobilisation citoyenne et des enjeux propres à chaque territoire. Entre exigences sanitaires, mobilité urbaine et acceptation sociale, le débat reste ouvert.
Interdiction du diesel Euro 6 en 2025 : ce que prévoit la loi
La perspective inquiète les détenteurs de voitures diesel : les diesels Euro 6 seront-ils bannis des villes dès 2025 ? En réalité, la loi climat et résilience ne prévoit pas de blocage immédiat pour ces modèles (mis en circulation après septembre 2014). Les premières restrictions ciblent avant tout les véhicules Crit’Air 4 et 5, puis Crit’Air 3, autrement dit, des diesels plus anciens. Les Euro 6, classés Crit’Air 2, passent donc au travers des mailles du filet dans la plupart des zones à faibles émissions.
En 2025, la majorité des diesels Euro 6 continueront à circuler dans les métropoles dotées d’une ZFE. Le rythme d’exclusion dépendra ensuite des décisions prises localement et des objectifs en matière de qualité de l’air. Les municipalités disposent d’une marge de manœuvre : elles peuvent choisir d’avancer ou de reporter la date d’interdiction des Crit’Air 2, selon l’évolution de la pollution atmosphérique ou la pression des habitants.
Des exceptions existent, notamment à Paris. La capitale prévoit d’exclure les Crit’Air 2 de l’enceinte intra-A86 dès 2025. Mais à l’échelle nationale, aucune interdiction globale des diesels Euro 6 n’est annoncée pour l’an prochain. Les propriétaires de diesel peuvent donc prendre le temps de s’informer et d’anticiper, sans urgence inutile.
Les dispositifs comme la prime à la conversion ou le bonus écologique restent disponibles pour accompagner la bascule vers des modèles moins polluants. Les automobilistes devront rester attentifs aux annonces locales pour connaître les échéances précises des prochaines restrictions.
Conséquences pour les automobilistes et alternatives envisageables
Pour la grande majorité des propriétaires de diesel Euro 6, rien ne changera du jour au lendemain : les véhicules Crit’Air 2 conservent l’accès à la plupart des ZFE en 2025, à l’exception de Paris où le tour de vis se profile. Mais le marché de l’occasion s’inquiète déjà. La perspective d’un durcissement progressif tire la cote des diesels récents vers le bas, avec une décote accélérée anticipée par les professionnels du secteur.
Pour l’assurance auto, l’heure n’est pas encore à la révolution tarifaire pour les diesels Euro 6. Les compagnies surveillent cependant les évolutions réglementaires : l’éventualité d’une immobilisation forcée, notamment dans les grandes agglomérations, pourrait à terme influencer le prix de l’assurance auto.
Pour ceux qui envisagent de changer de véhicule ou de mode de transport, plusieurs solutions se dessinent :
- Prime à la conversion : une aide financière pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride, en échange de la mise au rebut d’un ancien véhicule.
- Bonus écologique : un coup de pouce supplémentaire à l’achat d’un modèle neuf peu polluant.
- Marché de l’occasion récente : les hybrides et électriques d’occasion gagnent en accessibilité et séduisent de plus en plus d’automobilistes.
- Transports collectifs, auto-partage, covoiturage : des alternatives soutenues par les collectivités, particulièrement adaptées à la ville.
Le choix dépendra de l’équilibre entre budget, habitudes de déplacement et équipements disponibles. Les offres de crédit automobile évoluent pour accompagner la mutation du parc, et les réseaux de bornes de recharge se densifient, rendant le passage à l’électrique plus concret que jamais.
Les prochains mois s’annoncent déterminants : ceux qui roulent encore au diesel Euro 6 traversent une période charnière, où chaque décision peut peser sur leur mobilité de demain. Impossible, désormais, de conduire sans regarder le calendrier du coin de l’œil.


