La revente d’un véhicule diesel de moins de cinq ans chute en moyenne de 20 % depuis 2021, selon l’Observatoire Cetelem. Plusieurs grandes villes interdisent déjà la circulation de ces motorisations lors des pics de pollution. Pourtant, certains constructeurs investissent encore dans leur développement et des modèles récents respectent les normes Euro 6d. Les aides à l’achat se concentrent désormais sur l’électrique et l’hybride, mais la fiscalité du gazole reste avantageuse dans certaines régions. Le marché de l’occasion propose une offre abondante, tandis que les interdictions nationales ne s’appliqueront pas avant 2035.
Où en est vraiment le diesel en 2025 ?
La réalité du parc automobile français est implacable : plus de 13 millions de voitures diesel circulent encore, soit près d’un tiers de l’ensemble. Malgré cette présence massive, le diesel neuf ne séduit plus. En 2024, à peine 10 % des nouvelles immatriculations concernent ce moteur. Flashback : en 2014, le diesel représentait 73 % des ventes. Aujourd’hui, la page est presque tournée. Les politiques anti-diesel des grandes agglomérations, la sévérité des normes Euro 6 et le scandale du dieselgate ont durablement sapé l’aura de cette motorisation.
Les principaux acteurs du secteur, Renault, Peugeot, Volkswagen, BMW, Audi, Mercedes, réduisent progressivement la voilure. Les modèles diesel se raréfient dans les catalogues, à l’exception de quelques SUV, familiales ou utilitaires. Pour les citadines, la messe est dite : le diesel disparaît. Les constructeurs misent désormais sur l’électrique et l’hybride rechargeable, dans la course à la norme Euro 7 et sous la pression des quotas européens de CO2.
Pour mieux saisir le paysage actuel, examinons les tendances qui se dessinent :
- Les véhicules diesel neufs restent prisés des professionnels et de ceux qui avalent les kilomètres, car l’économie sur les longs trajets reste palpable.
- Du côté de l’occasion, les voitures diesel récentes certifiées Euro 6d-temp conservent de l’attrait, notamment pour les conducteurs prudents.
- Le réseau de stations-service français offre toujours du gazole, mais l’écart fiscal avec l’essence se resserre progressivement.
Aujourd’hui, acheter une voiture diesel ne se résume plus à un calcul entre consommation et prix du litre. L’accès aux zones à faibles émissions et la perspective de la revente pèsent lourd dans la décision. Les habitudes évoluent : le diesel n’est plus l’option réflexe, mais il garde un sens pour des profils bien spécifiques.
Voiture diesel : pour qui cela reste-t-il pertinent aujourd’hui ?
Le diesel s’adresse désormais à une minorité claire. Oubliée l’époque où il convenait à tous. Aujourd’hui, ce sont surtout les gros rouleurs, ceux qui dépassent 25 000 km par an, souvent sur autoroute ou nationale, qui continuent de miser sur lui. Pour ces conducteurs, le diesel rime avec autonomie, sobriété sur grands trajets et robustesse sur les modèles imposants. Les professionnels, transporteurs, commerciaux, flottes en longue durée, apprécient toujours ce moteur pour son coût d’utilisation contenu.
Ceux qui vivent loin des grandes villes, dans des zones où les restrictions sont rares, trouvent encore un intérêt à choisir un diesel. Dans les territoires ruraux ou les périphéries en dehors des ZFE, cette motorisation conserve de solides arguments. Artisans, chauffeurs de véhicules utilitaires : pour eux, le diesel demeure fiable, et la fiscalité n’a pas encore basculé partout.
En revanche, dans les centres urbains, le vent a tourné. L’essence et l’hybride prennent le dessus : ils s’adaptent mieux aux trajets courts et aux contraintes réglementaires croissantes. Pour un jeune conducteur ou quelqu’un qui roule peu, miser sur le diesel n’a plus vraiment de sens. Ce choix, qui fut longtemps par défaut, ne concerne plus qu’une poignée d’utilisateurs déterminés à rentabiliser chaque kilomètre parcouru.
Restrictions, fiscalité, revente : les critères à ne pas négliger avant d’acheter
En 2025, acheter un diesel, c’est accepter de composer avec un nombre croissant de contraintes. Le durcissement des vignettes Crit’Air pèse lourd : seules les versions Euro 6 récentes obtiennent encore la Crit’Air 2, les autres sont bannies des zones à faibles émissions (ZFE). Paris, Lyon, Grenoble… la liste des villes qui accélèrent la sortie du diesel s’allonge. Pour circuler en ville sans stress, le diesel devient un pari à haut risque.
Du côté des finances, le bonus écologique mise tout sur l’électrique. Le malus cible surtout les grosses motorisations, mais la fiscalité du gazole grimpe. Pour l’assurance, la différence reste minime, mais l’entretien peut vite peser : filtres à particules, AdBlue, injecteurs… Le diesel réclame une vigilance accrue et des interventions parfois onéreuses.
La revente : un casse-tête à anticiper
Avant de signer, mieux vaut garder en tête plusieurs réalités du marché :
- Valeur de revente : les diesels d’occasion voient leur prix reculer, surtout pour les petits modèles urbains où l’offre dépasse largement la demande.
- Achat voiture diesel : il vaut mieux cibler les versions Euro 6, faute de quoi la cote du véhicule peut s’effondrer rapidement.
La localisation du véhicule compte aussi : un diesel à Paris et un diesel en campagne, ce n’est pas le même pari. Le prix d’achat reste alléchant dans les petites annonces, mais la dépréciation s’accélère à mesure que 2030 approche. Miser sur un diesel aujourd’hui, c’est choisir la stratégie du long terme, tout en surveillant de près l’évolution des règles locales.
Quelques modèles diesel qui valent encore le détour
Malgré le vent contraire, certains constructeurs maintiennent une offre diesel, notamment sur les segments compacts, familiaux et premium. Quelques modèles tirent encore leur épingle du jeu, à condition de bien choisir la version.
Pour illustrer ce qui fonctionne, voici quelques références qui continuent de convaincre :
- Peugeot 3008 BlueHDi : ce SUV français, en 1.5 ou 2.0 BlueHDi, affiche une sobriété remarquable sur autoroute. Son habitacle modulable et soigné plaît aux familles grandes rouleuses.
- Renault Clio Blue dCi : dans la catégorie des citadines, la version diesel Euro 6 séduit les professionnels et ceux qui roulent beaucoup. Le 1.5 dCi, réputé pour sa fiabilité et sa frugalité, reste une valeur sûre en flotte ou pour de longs trajets hors agglomération.
- Volkswagen Golf TDI : la compacte allemande, avec son 2.0 TDI, marie robustesse et consommation contenue. Un choix qui séduit encore par son équilibre.
- BMW Série 3 320d : la berline haut de gamme maintient sa réputation. Le diesel Euro 6d allie dynamisme et économies sur la route, et se revend plutôt bien sur le marché premium.
Pour ceux qui cherchent une alternative, Mercedes et son 220d, ou Audi avec ses TDI, offrent des solutions solides. Besoin d’espace ? Le Kia Sportage CRDi représente un choix rationnel, apprécié surtout en dehors des grandes villes grâce à son rapport qualité/prix convaincant.
Acheter un diesel en 2025, c’est accepter d’avancer sur une route semée d’incertitudes, mais aussi miser sur une technologie dont l’utilité, pour certains profils, reste indéniable. La trajectoire change, les panneaux de signalisation aussi, mais pour qui a le bon profil, le diesel a encore du kilomètre devant lui.


